Soirée : rencontre avec Philippe Cornet

« Bases de construction d’un itinéraire de la médecine vers la sociologie »

26 avril 2017, 19h00

Centre Popincourt, 3 rue Jean-Baptiste Dumay, 75020 Paris (métro : Pyrénées / Jourdain)


Philippe Cornet est professeur des universités en Médecine générale et docteur en sociologie.

Être ou ne pas être médecin, là n’était pas la question à l’orée du baccalauréat. Un hasard amical me précipita dans ces études, un camarade de lycée avait jugé que je ferai un bon médecin. Si la question d’être médecin fut résolue rapidement en remplissant un dossier de préinscription qu’il m’avait apporté, celle du bon médecin resta en suspens bien des années. C’est donc d’un pas hésitant que je commençai mon itinéraire ayant en tête un quiproquo heureux, je me représentai le médecin comme un humaniste instruit de science. J’ai nourri cette illusion jusqu’à la quatrième année où les étudiants font leurs premiers stages hospitaliers. À l’époque je n’ai pas perçu clairement les raisons de l’incomplétude que je ressentais, il m’était impossible de relier la formation dans le cursus médical et mes aspirations à une culture littéraire et humaniste. Tout se passait comme si l’étude dans l’un et l’autre domaine était comme deux chemins qui voisinent sans jamais trouver à se rejoindre, le modèle de « l’honnête homme » palissait à mesure, malgré les efforts pour y tendre. Il me faudra quelques années encore pour concilier les trajectoires et construire les bases du médecin que je deviendrai.

Mon goût pour les sciences humaines est né avec la rencontre de la psychanalyse alors que j’étais encore lycéen. Même si la psychanalyse ne relève pas d’une science au sens où elle échappe à toute reproductibilité expérimentale et en conséquence à l’évaluation. Toutefois je lui reconnais sa dimension humaine dans la mesure où le sujet est son souci. À ce titre une partie de la pratique médicale a cette même préoccupation, même si les fondements de sa démarche ne sont pas superposables, — l’inconscient n’est pas un concept au centre du soin — , mais l’analyse du sens est en partage. Dans les suites de cette initiation j’ai assisté à Jussieu, en parallèle de mes premières années en médecine, à un séminaire de Pierre Fédida sur le corps, — vous verrez que ce thème ne m’a jamais quitté — , mon travail de recherche en témoigne ; puis j’ai assisté, à l’EHESS, à un séminaire d’Edgar Morin, de retour de Californie, sur les microsystèmes où il ébauchait la notion de complexité dans une approche des systèmes écologiques. S’il ne me reste de ce séminaire que quelques traces mnésiques, elles me seront utiles lorsqu’il s’agira de m’intéresser au concept de dispositif qu’il est possible de penser en termes de système et de complexité.

Cet événement fait partie des soirées à thèmes régulièrement organisées par l’association, ouvertes à tout public et conçues comme un espace de débat ouvert pour une réflexion partagée entre soignants, usagers et sciences humaines et sociales. La présentation de l’intervenant, de 30 à 45 minutes, est suivie d’un temps d’échanges et de débat avec le public.

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Frédéric Dugué

http://frederic.dugue.free.fr

Médecin spécialiste de santé publique | Administrateur Web de SH&S

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